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Diocèse de Toulouse

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Et si l'histoire de l'église Saint-Jean-Baptiste de Lespinasse m'était contée...
Par emm**********.fr le 09/06/2024 17:00:00:00, cet article a été lu 12 fois.

L’église Saint-Jean-Baptiste de Lespinasse


Contrairement à d’autres églises du secteur son origine est bien établie. En effet celle-ci est liée à la fondation, le 12 mars 1114, du prieuré de Lespinasse. La fille du comte de Toulouse Guillaume IV, Philippa, qui avait épousé le duc d’Aquitaine Guillaume IX, fit appel à Robert d’Arbrissel, fondateur de l’abbaye de Fontevrault, et lui donna un bois au nord de Toulouse (bois appelé Esperez ou Espinasse) afin d’y établir un monastère de femmes. Elle s’y retirera par la suite et y décèdera en 1119.


Malheureusement, il ne subsiste rien de cette première église. Le portail de l’église actuelle, que l’on présente comme roman est un montage moderne, avec des chapiteaux et des tailloirs de la fin du XIIe siècle. La nef actuelle, terminée par une abside à trois pans, est une œuvre en partie d’époque gothique. A ce moment-là, il y avait aussi à Lespinasse une église paroissiale, dédiée à St Jean, située « à un jet d’arc » du couvent. 

Le prieuré de Lespinasse eût à souffrir de nombreuses misères. Il est d’abord dévasté par les bandes du comte de Strafford en 1354, les sœurs dispersées. En 1440, le passage de routiers (mercenaires) emmenés par Rodrigue de Villandrando provoque la mort de la prieure et ruine le monastère, qui mettra longtemps à se relever (progressivement à partir de 1527). L’église St-Jean totalement ruinée ne sera pas rétablie. Son souvenir ne subsiste que dans le nom du quartier St-Jean. Plus tard en 1561, une expédition protestante partie de Montauban viendra enlever les religieuses ! En janvier 1570, le couvent est brûlé. 


On peut supposer que comme dans d’autres lieux, il fût rebâti à la fin du XVIe siècle, à la fin des guerres de religion. Au XVIIIe siècle, le sanctuaire est en bon état. La nef est bien pavée, lambrissée, et éclairée par des vitraux. Il n’y a pas de chapelles. On dénombre trois autels : un pour les religieuses, l’autel de Notre-Dame pour la paroisse et un autel dédié à St Jean-Baptiste, saint patron du lieu. La Révolution chassera les religieuses. Le couvent sera alors vendu, puis démoli, mais pas l’église.

En 1858, l’architecte Villeneuve bâtit le clocher-mur pour trois cloches, et surhausse les contreforts afin de contrebuter le voûtement de la nef. L’architecte Thiers, en 1869, établit un rapport inquiétant  sur les méfaits de l’humidité dont souffre l’édifice. Un peu plus tard en 1888, un autre architecte, Galan, alerte sur l’état de la voûte, bâtie en brique et mortier de terre. Aussi l’année suivante, le conseil municipal accorde un budget de reconstruction de cette voûte. De cette même époque datent les vitraux, signés de Saint-Blanquat.

En 1898, la tribune est reconstruite. Et c’est à ce moment que l’on a intégré les quatre chapiteaux romans dans le portail d’entrée. On y reconnait, de droite à gauche : des lions pris dans des lianes, une corbeille formée de feuilles minutieusement travaillées, un réseau serré de tiges et de feuilles plates, quatre danseurs s’agitant devant un joueur de rebec.

La restauration entreprise en 1987 sous la direction de J.L. Fontana, a remis en lumière la brique du bâtiment, permettant de repérer à l’extérieur les différentes étapes de sa construction. 


A l’intérieur la décoration très sobre, confère au lieu une impression de lumière et de paix.